Frère Michel Laloux





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 05 55 24 58 58
 

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Quelques bribes de mon histoire personnelle....

                        Je suis né le dimanche 15 septembre 1957 aux sons des cloches de l'église paroissiale (j'étais déjà curieux à l'époque). Second d'une famille de 5 enfants, je grandis dans une famille de croyants et aussi d'artistes en tout genre. Papa (décédé il y a quelques années) tient un magasin de photos. Il se promène toujours avec son appareil. Maman le soutient dans son commerce, mais elle préfère quand même l'encadrement de peintures. Jean-Luc, mon frère ainé, voyage de par le monde pour photographier pour des revues. Dernièrement, il photographiait une villa de Noureev. Ma sœur, également, avec mon beau-frère, tient un magasin de photos...Heureusement, qu'il y a Pierre, mon cadet de 5 ans qui lui, est passionné de chants et de musique pour discuter d'autres choses que de la photo. Et oui, j'ai eu une réaction anti photos. Je ne puis utiliser qu'un appareil automatique....Ne m'en demander pas plus.

             Mais qu'importe je développe d'autres secteurs. Je me passionne pour le judo à partir de 11 ans. Et me voilà même faire de la compétition....Ce qui ne m'empêche pas de lire entre les combats sainte Thérèse d'Avila (mon premier amour féminin). Le judo fut pour moi un chemin de thérapie pour me guérir de ma timidité excessive. Mais ce qui fut le plus bénéfique comme chemin de guérison, c'est la découverte de l'Évangile par les partages de la Parole au presbytère de Ciney (ma ville natale). Par l'Évangile, je découvre combien je suis aimé de Dieu. Cette découverte est fondatrice pour moi. Elle me pousse à désirer donner toute ma vie à Dieu. Mais comment?

Je me rends chez les franciscains de Bruxelles. Et c'est leur rire et leur bienveillance qui me séduisent....Je me sens chez moi directement. Pas besoin d'aller ailleurs. Et après des études d'infirmier, je commence un noviciat à Bruxelles. J'y apprends autant la vie de saint François d'Assise que la cuisine.

             Durant 3 ans, je partage la vie d'une communauté franciscaine très pauvre à Seraing. Une seule pièce est chauffée. Nous logeons dans un dortoir. Dans ce quartier, je découvre aussi la misère de nombreuses familles. Je découvre que des adultes ne savent ni lire ni écrire. Je m'aperçois aussi que certains ne mangent pas à la fin du mois. C'est un choc pour moi. Impossible de vous transmettre les odeurs, les couleurs, les situations. Je travaille là comme infirmier à domicile.

             Quand j'entame la théologie beaucoup de questions me semblent inutiles et déconnectées de la réalité. Mais je rencontre des professeurs très intéressants. Je remercie Dieu d'avoir eu une expérience de vie avant d'étudier la théologie.

             S'ensuit une période de 15 ans à Bressoux (banlieue de Liège). Je vis dans une communauté où nous accueillons des SDF. Souvent nous leur donnons un café et des « tartines » (nous sommes en Belgique). Tout le rez-de-chaussée est consacré à l'accueil. Et nous nous relayons pour être à l'écoute.

             En parallèle, avec Marie (une dame qui revient de 12 ans en Haïti), je vais m'asseoir sur les trottoirs  pour rencontrer les enfants qui se trouvent souvent dans la rue et leur lire des histoires. C'est une bonne manière pour avoir un premier contact avec les familles du Quart-Monde. Il nous faut nous armer de patience. (après nous apprendrons que certains croyaient que nous étions des voleurs d'enfants). L'équipe de rue grossit. Les diverses actions aussi. Nous créons une maison de quartier avec soutien scolaire, ateliers créatifs, réunions d'adultes... A mon départ, il y aura une équipe de 30 bénévoles et 3 salariés... L'objectif est de rendre dignité et des moments de bonheur à toute une population marginalisée. Un jour que saint Nicolas lisait à une maman tout ce que nous avions observé de positif chez son enfant : elle s'écrie en pleurant : « Jamais on ne m'avait parlé ainsi de ma fille »

             C'est à Bressoux aussi, que se passe un événement singulier. Un jour, je monte une étagère dans une cave avec quelqu'un du quartier. Cet homme me demande pourquoi je ne suis pas prêtre. Je lui réponds qu'être prêtre pour moi est une réponse à un appel d'un groupe, d'un évêque... Et cet homme de continuer : « Moi, je te demande d'être prêtre ». Cette phrase m'habite pendant quelques semaines. Et je réponds « oui » intérieurement. Cet homme m'a fait comprendre que les gens pauvres ont besoin de prêtres qui parlent leur langage.

             Les franciscains me demandèrent d'aller à Lyon pour accompagner les frères en formation.

J'avais quelque crainte de déprimer après une expérience si forte qui m'avait vu me révéler en tant qu'homme et croyant. Car rencontrer le pauvre c'est aussi rencontrer sa propre pauvreté et surtout le rencontrer LUI  de manière toute particulière.

             En arrivant à Lyon, j'ai eu un moment l'impression d'avoir tout perdu. D'une certaine façon de mourir. Et un jour, cette simple et forte conviction; Il est là LUI et rien, ni personne, ne pourrait jamais me l'enlever. Quelle joie alors!

             Deux choses m'aidèrent fortement. Une personne m'accompagnait spirituellement très régulièrement. D'autre part, je dansais chaque jour une heure. Ce n'était pas sans conséquences ; la passion de la danse me pris. Souvent pendant l'oraison, je rêvais de chorégraphies. Jamais auparavant, je n'avais imaginé qu'une passion pourrait être si forte. Des mois durant, j'ai demandé à Dieu quelle était sa volonté. Pouvait on être franciscain et danseur? La rencontre du pauvre n'était elle pas le sommet? Pouvais-je creuser la danse aussi « âgé »? Un jour, dans l'escalier de la communauté, le responsable de la communauté me dit « Je crois que ta vie religieuse passe par la danse ». Or celui qui avait dit cela était loin d'aimer la danse. Puis après je compris que l'Église était composée de divers dons. Il y a des intellectuels, des pasteurs, des hommes qui rendent service...et aussi des artistes. Je n'avais qu'à être fidèle et jouer simplement ma note avec amour (avec humour aussi).

             A cette époque, j'étais aumônier des gens du voyage. Et je n'avais pas du tout compris la remarque d'une femme qui disait : « Est-ce que nous ne t'éloignons pas de ta vocation de danseur? »

A ce moment là, j'avais répondu « non ».... Ce n'est que bien plus tard que je compris.....

             Après 3 ans à Lyon, 6 ans à Toulouse. Quel bonheur de continuer à accompagner 5 jeunes frères qui sont au début de la vie religieuse! Qu'il est bon de sentir grandir la vie divine chez quelqu'un, et de l'aider dans ce chemin. Et continue le chemin des sessions de danses d'Israël. Je donne un cours hebdomadaire de danses. Et donne des sessions dans différentes villes de France et de Belgique. Ma joie est de partager cette joie de danser. La danse pour moi est symbole de vie et louange à Dieu. Souvent je remercie Dieu pour cette vocation surprenante. L'âge fait parfois advenir  un désir profond qui sommeillait tout au fond du cœur.