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Homélies des
dimanches
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Dimanche 5 février 2012
5ème dimanche du temps ordinaire "Il priait...."
Au milieu d’une conversation avec
quelqu’un, il vous est sans doute arrivé d’être arrêté par un mot, une phrase.
Car ce mot, cette phrase en disait long sur votre interlocuteur ou sur la
personne mentionnée.
Il en est de même dans l’Evangile : “Bien avant l’aube, Jésus se leva. Il
sortit et alla dans un endroit désert, et là il priait.” Cette phrase en
dit long sur le comportement de Jésus. Il prend les moyens pour prier ; un lieu
à l’écart et beaucoup de temps. Ce n’est pas une prière rapide, superficielle.
Mais une prière qui prend son temps. “Il
priait” ; le terme en grec signifie que c’était une habitude chez Jésus.
N’avait t’il pas eu assez de toute sa vie cachée jusqu’à 30 ans pour prier?
Le contexte renforce la densité de
la phrase. La veille, Jésus avait passé la soirée à guérir. C’était la ville
entière qui se pressait à la porte de la belle-mère de Simon pour être guéri.
Ils avaient dû attendre la fin du shabbat -le coucher du soleil- pour pouvoir
se déplacer.
Cela
avait du
être une soirée harassante pour Jésus. Et pourtant,
le lendemain tôt, il
s’était levé. Pourquoi? La rencontre
régulière avec son Père était une
priorité
pour Jésus. Sans doute lui avait t’il parlé de la
belle-mère de Simon et de
toutes les personnes rencontrées la veille.
Ce qui est dit après, est bien
significatif. Les apôtres demandent que Jésus revienne à Capharnaüm, tellement
Il a eu du succès. Mais Jésus exprime d’autres desseins. “Partons ailleurs, dans les villages voisins”. La prière matinale
de Jésus est suivi d’une liberté par rapport au succès. Il ne se laisse pas
influencer par la pression des apôtres et des gens. Il n’est pas centré sur son
propre succès.
Au contraire la prière l’entraîne
plus loin dans les villages voisins. Comme si elle lui donnait dynamisme,
énergie, vigueur.
Le comportement de Jésus est un
véritable enseignement pour nous. Contemplons-le. Mais aussi mettons en
pratique.
Parfois nous pouvons être épuisés
après une journée éreintante, et nous ne demandons qu’une chose ; dormir le
plus rapidement possible et nous lever le plus tard possible. L’attitude de
Jésus nous révèle l’extrème importance de la prière. Elle n’est pas un luxe ou
le contre-poids de l’activité. Elle est le poids même de l’activité. Prier
régulièrement, longuement, transforme notre existence en profondeur. Notre
activité même en est modifiée. Plus clairement surgissent les priorités et nous
laissons -comme Jésus- tomber ce qui n’est pas indispensable. Car la
clairvoyance et la liberté grandissent.
Prier,
renouvelle notre énergie, notre dynamisme, notre goût pour la vie.
Plus
profondément encore prier nous donne de goûter un bonheur insoupçonné, une paix
que nous n’imaginions même pas auparavant.
Vous me direz “Nous ne sommes pas des moines”. Il est vrai que la
prière s’incarne de manière bien différente pour des laïcs ou pour des moines.
Mais le christianisme n’est pas fait pour une élite. Le Christ est venu pour
tous. Et la prière est la respiration de notre coeur profond. Nous sommes créés
pour le louer dira saint Ignale de Loyola (exercices spirituels 23).
Frère Michel Laloux
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